Ni sauveur, ni héros

Après le succès de son texte ‘Un dernier morceau de toi” NC récidive avec ce texte qui, une fois encore,

risque fort de faire vibrer nombre de lecteurs et lectrices. Bonne lecture!


« Je voudrais pouvoir t’aider ».

C’est gentil n’est-ce pas? Très gentil. Même que je trouve qu’il y a quelque chose de charmant, presque touchant dans ce côté protecteur d’homme qui voudrait m’enlever ce qu’il peut de douleur.

Mais le truc, c’est que je n’ai pas besoin d’aide. J’ai tout en moi ce qu’il faut pour braver la tempête, traverser ce qui se présente sur mon chemin.

Alors qu’à certains moments de ma vie j’aurais prié, supplié, pour qu’on me vienne en aide, voir me sauver de la douleur, je sais maintenant que je risque d’avoir mal, mais je sais aussi que je passerai à travers.

Comme le brasier sous mes pieds qui ne peut me blesser si je ne lui en donne la permission. Tête haute, droite, je sais que je peux avancer et me rendrai à destination.

Sans heurts? Sans marque? Peut-être pas. Mais maintenant que j’ai foi en moi, que mes ailes se sont déployées, je sais que je peux affronter les revers de la vie.

Je m’adresse donc à toi, future personne qui partagera ma vie, mes joies et mes peines.

Si un jour je t’appelle, le cœur en éclats, s’il-te-plaît, viens vers moi. Rejoins-moi, serre-moi fort, laisse-moi me lover près de toi.

Regarde-moi, serre-moi et rappelle-moi, le temps que je m’en souvienne, que j’ai tout en moi pour surmonter peu importe ce qui se présente.

Répète-moi encore et encore que ça va aller. Remémore-moi la force qui m’habite et sur laquelle je peux m’appuyer et rebondir.

Accours vers moi si je te fais part de mon effondrement, si mes pieds partent à la dérobée, si le sol s’ouvre sous le poids de ma douleur.

Viens vite me retrouver sous l’orage. Mais sache qu’on le regardera ensemble, contemplatifs, admiratifs de ce nettoyage nécessaire que la vie nous offre.

Outre les moments où je pourrais peut-être être dévastée,  sache que je suis là. Entière. Solide. Complète. Apte. Ancrée.

J’ai envie de choisir la musique, de décider ce qui va sortir des haut-parleurs.

Autant j’ai aimé la lecture aléatoire, autant aujourd’hui je désire reprendre mon plein pouvoir.

Je veux choisir le genre, la cadence, le rythme, l’intensité. J’ai envie que ce soit délibéré et non au gré des éléments extérieurs.

Que peut-on espérer récolter si on ne choisit pas les semences de notre jardin?

Quelle musique résonnera à nos oreilles si on ne syntonise pas la station désirée?

Il est vrai qu’on peut avoir de belles surprises, aller là où on n’aurait jamais pensé se rendre. Mais je veux être la capitaine de mon navire, celle qui déploie les voiles, qui jauge le vent.

Je veux que la trame sonore de ma vie me ressemble et me reflète.

J’ai envie d’un partenaire, mais pas d’un héros. J’ai envie d’un complice, mais pas d’un sauveur.

On dit que derrière chaque grand homme se cache une femme. Peut-être. Mais je ne veux être ni derrière, ni devant.

Et je ne veux surtout pas me cacher.

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