Un dernier morceau de toi…

Une autre bien belle plume qui vient faire son tour sur le blogue!

Continuez d’envoyer vos textes et histoires à duprasductions@gmail.com, ils rejoignent toujours  un tas de personnes qui s’y reconnaissent et ça, ça fait toujours du bien. ❤️💕


Déjà plusieurs mois que notre histoire a pris fin. Les pages se sont noircies, mes cernes
aussi. L’encre a coulé au même rythme que mes larmes. Quand on ne choisit pas la finalité
d’une histoire, il est plus facile de rester accroché. S’ensuivent les multiples étapes du deuil
dont on voudrait bien se sauver.

J’ai fait mon chemin, je me suis entourée, adaptée à la conclusion trop rapide, trop brusque
de notre histoire. J’ai fait ce qu’il fallait pour pardonner, pour comprendre, pour apprendre,
pour cheminer comme il se doit en croisant mes doigts pour que ce soit la dernière fois. J’ai
été une bonne fille, une bonne élève de la vie. J’ai fait mes recherches, tenté de trouver le
meilleur chemin pour avancer même si le paysage en arrière me semblait tellement plus beau
et prometteur que celui devant.

Mes yeux ont repris leur gaieté, mon teint un peu de couleur, ma vie de sa douceur. Mon lit
est moins vide de ton absence, ma vie aussi. J’ai pas tout compris, mais j’ai accepté en
majorité.

Je me suis trouvé de multiples projets, nourri mes passions, relevé des défis, fait du ménage
chez moi et dans ma vie. J’ai coché chacune des cases des choses à faire pour non seulement
se relever, mais aussi pour être guérie autant que faire se peut, remettre pied dans la mer des
possibilités.

On dit qu’un deuil se divise par étapes. Je les ai traversées une à une, non sans parfois les
maudire, mais aussi en gardant le cap sur la finalité, sur le moment où je me sentirais enfin
mieux, libérée.

Je n’avais pas réalisé, pas compris, peut-être pas voulu voir, qu’il restait des morceaux de toi.
En moi, en mon cœur. Des morceaux de notre histoire tels des fragments de verre éclatés
qu’on ramasse des semaines après l’avoir échappé. Parfois à peine visible aux yeux, mais
assez tranchants pour blesser.

Ne pas retomber. Non. Ne pas retomber. Parce que l’histoire est terminée et le deuil devrait
l’être aussi. Après tout, j’ai traversé les 5 étapes définies, non? Non… Pas tant qu’il reste des
morceaux de toi.

J’ai donc maintenant le choix. Laisser la vie me surprendre et prendre le risque (ou pas) de
marcher à nouveau un jour sur un éclat de verre que je n’avais pas remarqué. Ou continuer
de nettoyer, époussetter, de faire le ménage du grenier. Rafraîchir la pièce, changer l’air, y
mettre du beau et du bon pour moi.

Parce que je ne veux plus me blesser, mais aussi parce que je désire que la place soit fraîche,
libre, accueillante et sécuritaire pour la prochaine personne à mes côtés.
On a créé un monde ensemble. Mais il n’existe plus.

À moi maintenant de créer le mien.

NC

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