Casse-tête

Une des membres du groupe privé MVADM nous partage ce texte qui tombe à point comme la dernière pièce d’un casse-tête 😉 Bonne lecture!


Faque allô, je m’appelle Catherine, j’ai 34 ans et je me prépare pour ma vie de vieille, vieille fille.

No joke. Avec le confinement et tout ce qui vient avec (solitude, ennui, angoisse, name it), j’ai décidé de prendre ce temps «pour moi» pour faire des choses qui m’occupent les mains ailleurs que sur mon cell. Ça fait qu’en fille pas intense du tout, je me suis commandé 4 casse-têtes 1000 et 1500 morceaux, 3 peintures à numéros et un 10 roues de laine pour faire du crochet.

J’ai un TAG*, et il est particulièrement chatouilleux en ces temps incertains. Je pense sincèrement que la meilleure façon de calmer la bibitte, c’est de se tenir occupé de façon créative. Tu sais, l’impression d’être utile et de construire quelque chose de beau, ben crime, c’est excellent pour l’estime, en plus d’occuper l’esprit ailleurs que 100% sur l’anxiété.

Chose que j’ai découverte : ça m’aide également à prendre un bon pas de recul sur ma vie pour l’analyser sous un angle différent. C’est clairement pas le nez rivé à mon écran que j’allais avoir des révélations sur ma vie dans laquelle j’ai parfois l’impression de tourner en rond, c’est juste que ça m’a pris un confinement pour avoir cette réflexion-là. Coudonc.

Bref, l’autre soir, avec mon p’tit vino, je me suis assise devant mon casse-tête (j’écoutais les Backstreet Boys aussi, ça rend l’activité un peu plus excitante), et au fur et à mesure que je plaçais les morceaux, c’est comme si des pièces prenaient soudainement place dans mon esprit. Tu sais, le genre de chose que tu sais un peu au fond de toi, mais que ton esprit n’arrive jamais à formuler complètement et concrètement pour te le faire réaliser pleinement?

J’ai réalisé que parfois, l’ensemble d’une situation peut avoir l’air énorme et impossible à accomplir, comme s’il y avait mille et un morceaux épars et inégaux à assembler. Le truc, c’est d’y aller une étape à la fois, morceau par morceau, jusqu’à ce que ça fasse du sens. Commencer ce genre de chose peut être effrayant, mais c’est souvent ce que l’on craint qui nous fait grandir le plus.

J’ai réalisé qu’il arrive que deux choses semblent aller ensemble, mais genre so-li-de. Et ça fait si longtemps qu’on met des efforts pour faire quelque chose qui a du sens, qu’on voudrait vraiment que ça marche, mais au final, il n’y a rien à faire. Pour que le reste se place, il faut savoir lâcher prise quand ça ne fonctionne pas du tout. Sinon, on se blesse, on s’effrite, on stagne, et on n’accomplit rien.

J’ai réalisé par-dessus tout que, quand rien n’a de sens, prendre du recul quelque temps, et y revenir par la suite permet d’avoir une meilleure perspective. Mon père me dit souvent «Quand t’as le nez collé sur l’arbre, tu ne peux pas voir la forêt». Ça a tellement de sens.

La vie, c’est un casse-tête. Et c’est pas une mauvaise chose, parce que la vie, c’est d’apprécier chaque étape, et d’en tirer des leçons pour continuer d’avancer et d’évoluer. Et si après chaque relation de marde, tu ne tires aucun apprentissage, je suis désolée de t’annoncer que ton casse-tête, t’es pas à la veille de le finir pi le trouver beau!

Catherine Tremblay-Lavoie

  • *Trouble d’anxiété généralisé
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